1- Pourquoi se rassembler en Fraternité ? Pour répondre au désir du Christ

 

 « Dieu notre Père,

par le lien invisible de ton Esprit,

et par la puissance d’amour de ton Fils Jésus Christ, (notre Frère aîné,

notre Maître et notre Ami,) 

tu nous unis les uns aux autres dans une même Fraternité paroissiale. »

 

Textes tirés de « Comme s’il voyait l’invisible « ed Cerf,

du P.Jacques Loew p.171

 

Jacques Loew raconte la genèse des communautés ecclésiales de base au Brésil.

Pour l’adaptation à ce que nous vivons, nopus nous sommes permis de remplacer  le terme 

équipe » employé par le P.Loew, par le  terme « fraternité ». Mais le sens reste le même.

 

Deux amis précieux allaient singulièrement enrichir notre idée de (fraternité)

 Madeleine Delbrel et Mgr Baron.

 

Un exposé tout simple et fraternel de Madeleine Delbrel débutait par ces mots :

« Qu’est-ce qui rend une (fraternité) solide ou fragile ?

Pourquoi se met-on en (fraternité) ? »

Est-ce un milieu où des gens sont simplement rassemblés pour se donner,

par le Christ, aux autres ? Un milieu où l'on sera plus facilement fidèle

tous ensemble? Un milieu plus équilibrant? Toutes ces raisons sont importantes

mais secondaires ; s'il n'y avait qu'elles, les (fraternités)

resteraient toujours fragiles.

 

« Si des chrétiens vivent en (fraternité), c'est avant tout pour être ensemble

une réponse au souhait d'amour que le Christ a fait aux chrétiens : on se réunit

pour vivre, aussi loin qu'on peut aller, le vrai amour du Christ, le vrai amour

des autres. »

« Si deux ou trois sont réunis en mon nom... » (Mt. 18, 20), il se fait ainsi une

vraie unité, réelle. On se réunit pour faire un avec le Christ, et un ensemble,

et attirer les autres dans cet amour.

 

« C'est toujours en famille, en équipe, en fra­ternité que le christianisme

est allé  vers les autres ; c'est le fait d'être ensemble avec le Christ qui peut

changer le monde. Une fragilité pour l'équipe serait de se contenter de l'amitié,

de la camaraderie, de l'affection ; il faut que ce soit l'amour du Christ qui

nous soude les uns aux autres. La chance de (la fraternité) c'est de rencontrer

des gens qui sont décidés à s'aimer ensemble jusqu'au bout, sans avoir de

mauvaise indulgence les uns pour les autres.

Pour que se fasse le Royaume de Dieu il faut qu'il y ait unité :

une (fraternité) vivante, c'est un petit morceau du Royaume de Dieu »

 

 

Ainsi pour Madeleine Delbrel, le seul lien fort, durable, pour une (fraternité),

c'était cette décou­verte du Seigneur présent au milieu de la (fraternité).

Et elle concluait : « Le monde a droit à nos (fraternités)  saines et saintes :

quand une (fraternité)  cesse d'être telle, c'est la présence du Seigneur

qui disparaît... Il n'y a pas de recettes pour être quelqu'un qui aime ;

il faut aller jusqu'au cœur du Christ pour en trouver le moyen.

Tout le reste ne s'élève pas au-dessus des trucs. »

 

 

Mgr Baron apportait lui aussi une expérience vécue.  (Il)  insistait d'abord sur

l'idée que cette notion de (fraternité) vient de l'Église elle-même et de l'Écriture :

« L'Église n'apparaît pas, aux hommes d'aujourd'hui, comme un Esprit unifiant la

mul­titude, mais comme des individus dispersés. Il faut donc faire l'expérience

d'une charité en per­pétuel travail pour montrer l'unité qui rassemble l'Église. »

 

Les textes de l'Écriture sont clairs et nous font découvrir comment le plan de

Dieu est un plan collectif dans et par un groupe restreint. Par exemple  (…) : 

« Être Un comme le Père et le Fils sont Un afin que le monde croie que tu m'as

envoyé » (cf. Jn. 17,21). Pour saint Paul il en est de même : notre vocation est

de faire l'unité pour que tout le Corps du Christ soit construit.

Ainsi se dégage une sorte de charte spirituelle dont le « Notre Père » est le

sommet.

L'équipe, la communauté, ne sont pas d'abord des organismes juridiques,

mais un laboratoire où se fabrique l'unité par la charité.

Et de même, la messe, la méditation qui la précède, l'action de grâces qui la suit,

mais aussi tout l'effort d'unité qui va désormais se jouer durant la journée,

sont un bloc sans fissure :

« Nous voulons que l'unité qui se fabrique à la messe soit la loi de notre unité

à tous.

Il faut  donc avoir offert notre volonté au préalable pour mourir avec le

Christ en vue de la formation de l'unité. Notre action de grâces doit être :

Vous venez de vous donner à moi pour être mangé afin qu'en me donnant aux

autres, je réalise l'unité.

La Fraternité  est un enfantement terrible : on devient animé du même

Esprit Saint.

C'est l'orien­tation à l'autre pour être un avec lui. Se prendre en charge

mutuellement de telle manière que tout ce qui manque à chacun, (la fraternité)

entière en soit responsable. Il faut nous assumer les uns les autres tels que

nous sommes : '

 Qui est triste sans que je sois triste avec lui ?'. Cela s'apprend en (fraternité) :

il faut imiter le Christ dans la construction de l'unité. C'est cela que le Seigneur

veut de nous et cela est impossible à l'homme sans lui.

(…) La (fraternité), c'est l'amour de Dieu passant en nous, nous unifiant et allant

aimer nos frères. »

 

Mgr Baron concluait tou­jours : « Être bien persuadé que c'est le Christ,  

le Christ seul qui fait la (fraternité) et qui peut la faire, le Christ dans son

Évangile et le Christ dans son Eucharistie, destinée à nous faire vivre en

communauté.

Le Christ est le seul lien des chrétiens. Et la charité est la docilité aux

senti­ments du Christ ' (Ph. 2, 5). Si mon oraison me sépare, ce n'est pas une

véritable oraison. Que Dieu nous unisse ensemble dans son Fils, voilà le terme

de la véritable oraison. La prière doit aboutir à cet état de disponibilité à Dieu

pour qu'il fasse en moi, lui, ce travail que lui seul peut faire, pour que je fasse

un avec les autres. »

 

Ainsi, la charité venait prendre place dans (la fraternité) et jouer son rôle

propre de lien : « Par dessus tout, la charité, en laquelle se noue la per­fection »

(Col. 3, 14).

 

Textes tirés de « l’amour fraternel » « ed Béatitudes, du P.Daniel Ange p.152 sq

 

Du cœur même de Dieu, reçois les tiens !

Dans ta communauté (…), tu n'as pas choisi tes frères et sœurs. C'est le Seigneur

qui les a choisis pour toi. Et toi, tu accueilles chacun comme étant donné par son

Cœur. Et très particulièrement celui, celle que tu n'aurais sûrement jamais choisi

toi-même ! Avec qui peut-être tu aurais préféré ne pas vivre. Dans l'exacte mesure

où tu te reçois toi-même du Cœur de Dieu, qui t'a donné d'exister, accueille donc,

de ce même Cœur, chacun des tiens, pour leur donner d'exister. Et plus largement,

sauf le cas d'amis, tu n'as pas choisi ceux qui t'entou­rent.

Qui donc les a mis sur ta route, sinon Lui, à travers les circonstances et les hasards

de ta vie.

Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? Il le sait. Et souvent, tu ne le sauras qu'au Ciel.

 

Et il fait plus que simplement te les offrir : il te les confie. Chacun t'est confié

par Lui, (…) De chacun(e) je devrai rendre compte (…) Donné par l'Amour,

l'ai-je reçu dans l'amour ? L'ai-je fait grandir par l'amour ?

Si chacun m'est donné par Dieu, alors il me faut le recevoir comme un cadeau

de sa part, mieux : un trésor. Trésor jusqu'ici caché dans les profondeurs du cœur

de Dieu. Et maintenant manifesté au grand jour. Et puisque chacun est unique,

dans toute la création, alors il s'agit d'un trésor unique au monde.

Membres de la fraternité

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