Partager l'article ! 5 - Une fraternité à partager entre nous - Veiller les uns sur les autres par les actes: Le thème de cette soirée concerne la manière dont n ...
Fraternité
paroissiale Notre Dame
de Nantes
Le thème de cette soirée concerne la manière dont nous veillons les uns sur les autres par les actes au sein de la Fraternité. Une autre soirée sera consacrée à la manière dont nous veillons sur nos proches.
Dietrich Bonhoeffer, « De la vie communautaire », ed.Cerf
Le premier service dont nous sommes redevables aux autres membres de la communauté, c’est de les écouter. Le second service que nous devons nous rendre mutuellement au sein de la communauté chrétienne, c'est d'être prêts à nous entraider journellement. Nous pensons d'abord simplement à l'aide matérielle, dans les moindres choses dont est faite la vie de n'importe quelle communauté. Personne ne doit se croire au-dessus de telles tâches.
Craindre de perdre du temps en les acceptant, c'est donner trop d'importance à ce qu'on fait.
Nous devons être toujours prêts à accepter que Dieu vienne nous interrompre.
Il viendra journellement se mettre en travers de nos chemins et de nos plans
humains, par ses exigences répétées.(…) Il est étrange que ce soient souvent les chrétiens et les théologiens qui acceptent le moins d'être dérangés dans leur travail : ils le considèrent comme tellement important et tellement urgent ! Ils pensent ainsi servir Dieu, alors qu'en fait ils méprisent « ses voies qui font des courbes, quoique droites » ( Gottfried Arnold). Ils ne veulent rien savoir de Celui qui se met en travers de nos chemins. En réalité, nous ne devons pas retenir notre main lorsqu'elle peut rendre un service, et nous n'avons pas à régir nous-mêmes notre temps mais à laisser Dieu le remplir : cela fait partie de l'école de l'humilité. On sait que dans les couvents le vœu d'obéissance au supérieur ôte au moine le droit de disposer lui-même de son temps. Dans la vie communautaire évangélique, le vœu est remplacé par l'engagement de se mettre librement au service de ses frères. (pages 100-101)
Enzo Bianchi, « Comme un étranger », ed.Cerf
Comment aimer l'autre si je ne sais pas ce qui lui fait mal ?
Un texte hassidique éclaire bien cette réflexion. Rabbi Moshe Lob raconte :
« Comment il faut aimer les hommes ? [...] je l'ai appris d'un paysan.
Il était attablé dans un bar en compagnie d'autres paysans et buvait un verre.
Comme tous les autres il resta longtemps silencieux, mais, sous l'effet du vin,
son cœur s'émut, il se tourna vers son voisin et lui dit : "Dis-moi, toi,
m'aimes-tu oui ou non ?" L'autre répondit : "Je t'aime bien !"
Mais le premier d'ajouter : "Tu dis : je t'aime, et tu ne sais même pas ce
qui me fait souffrir. Si tu m'aimais vraiment, tu le saurais.
" L'autre ne sut que répondre et même le paysan qui avait posé la question
se tut lui aussi comme auparavant. Mais j'ai compris : voilà ce que veut dire
aimer les hommes, c'est sentir ce dont ils ont besoin et porter le poids
qui leur fait mal. » (pages 129-130)
Jean Vanier, « la communauté, lieu du pardon et de la fête »,
ed Fleurus, Bellarmin
Une communauté n’est vraiment un corps que quand la majorité des membres est en train de faire le passage de « la communauté pour moi » à « moi pour la communauté », c'est-à-dire que le cœur de chacun est en train de s’ouvrir à chaque membre. (page 62)
Raphaelle Simon, « Et si on commençait par faire attention aux autres »
Famille Chrétienne (29 mai 2009)
Trois moyens de renforcer notre attention envers les autres
Prendre le temps. Dans le mot « attention », il y a « attente ». Il ne peut y avoir de vraie attention à l’autre dans la précipitation : apprendre à consacrer du temps.
Être présent à ce que l’on fait. Faire attention, c’est veiller à rester concentré, tout entier à ce qu’on fait, et présent à qui l’on est. Par exemple, par le regard. Regarder l’autre dans les yeux et maintenir le contact visuel, c’est lui manifester toute notre attention.
Prendre soin. Comme un jardinier qui jour après jour, par mille petits gestes, « aux petits soins » pour ses plantes, veille sur elles. Les prévenances et petites attentions de tous les jours favorisent et nourrissent l’attention.
1 – Au sein de la Fraternité, quels signes d’attention aux autres voyons-nous déjà à l’oeuvre ?
2 – Comment pourrions-nous aller plus loin, par quelles prévenances, quelles
attentions ?