MADELEINE DELBREL Biographie

 

MADELEINE DELBREL

BIOGRAPHIE

1904-1964 : une vie d'engagement

 

 

 

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"Depuis que j'avais l'âge de raison, mes parents m'avaient destinée à être pianiste. (...).

J'ai vécu hors des cloisonnements sociaux : ma famille était faite de tout ; par voie de conséquence, moi aussi. Dès mon arrivée à Paris, vers treize ans, l'Intelligence avec un grand "I" eut la première place dans mon échelle de valeurs. (...) A quinze ans, j'étais strictement athée et je trouvais chaque jour le monde plus absurde. (...) A vingt ans, une conversion violente suivit une recherche religieuse raisonnable. J'étais donc une convertie récente mais assez solitaire quand, en 1933, j'arrivai avec deux compagnes à Ivry pour y vivre librement l'Evangile. (...)

J'avais été et je reste éblouie par Dieu. Il m'était, comme il me reste, impossible de mettre sur une même balance Dieu d'un côté, de l'autre tous les biens du monde, que ce soit pour moi ou pour toute l'humanité.

 

(Extrait de la dernière conférence de Madeleine, 16 septembre 1964, NA, La leçon d'ivry, p282

 

 

 

 

«... ma famille était faite de tout et, par voie de conséquence, moi aussi...»

 

Jeunesse et débuts littéraires

 

Madeleine est née en 1904 à Mussidan, Dordogne. Sa mère était issue de la petite bourgeoisie et son père, d'origine ouvrière, autodidacte cultivé, faisait une belle carrière aux Chemins de Fer. Le couple était mal assorti et sa désunion allait être pour Madeleine une souffrance tout au long de sa vie. Fille unique, elle est élevée chrétiennement par tradition, mais sa ferveur se dissipe vite quand, à l'arrivée de la famille à Paris, elle est influencée par les cercles littéraires agnostiques où l'introduit son père. D'une vive intelligence, elle fréquente la Sorbonne et les ateliers de Montparnasse, elle est musicienne, dessine et écrit des poèmes : le prix Sully Prud'homme lui est décerné en 1926.

 

A 17 ans, Madeleine qui se dit athée fait une cinglante proclamation : " Dieu est mort. Vive la mort!" Pourtant, elle aime la vie et est entourée d'amis. On la considère comme fiancée à un garçon brillant dont elle est amoureuse ; mais il cesse brutalement de la voir et entre bientôt chez les Dominicains. Elle en est meurtrie et tombe malade. Au même moment son père perd la vue.

 

 

 

 

Années de conversion

 

La rencontre de jeunes chrétiens oblige Madeleine à penser que Dieu n'est pas rigoureusement impossible. Elle se met à prier. En 1924, elle se convertit dans un émerveillement qui ne la quittera plus. Elle a vingt ans. En quête de vocation, elle songe au Carmel, puis fait la rencontre à la paroisse Saint-Dominique de l'Abbé Lorenzo qui lui fait découvrir la radicalité de l'Evangile. Sous sa direction, elle se prépare alors avec des compagnes engagées comme elle dans le scoutisme à "une vie au coude à coude avec les pauvres et les incroyants". Madeleine suit une formation d'assistante sociale. Elles sont 3 à partir le 15 octobre 1933 à Ivry pour vivre ensemble l'Evangile en pleine banlieue ouvrière.

 

Les expériences d'Ivry

 

La petite équipe de "la Charité de Jésus" s'installe dans un Centre Social paroissial sur le plateau d'Ivry, puis au 11 rue Raspail près de la mairie. Madeleine découvre la réalité communiste et noue vite des amitiés avec les militants qu'elle admire pour leur dévouement. En 1939 le maire communiste lui confie le service social du canton où on l'apprécie pour son sens de l'organisation, son efficacité et sa présence aux personnes. En 1945 elle est confirmée dans cette fonction puis sollicitée pour une collaboration plus étroite, mais elle refuse après un discernement difficile. Ses amis communistes ne lui en tiennent pas rigueur. Le désir de se consacrer plus à l'équipe de ses compagnes, qui s'est accrue à 15, a joué, de même que la maison du 11 rue Raspail devenue lieu de fraternité pour une foule de gens de toutes sortes.

 

Madeleine se démène pour tous, crée une coopérative de production ouvrière, combat pour la justice et le respect de l'homme autant que pour faire connaître Dieu. Elle est aussi mêlée étroitement aux débats de l'Eglise, participe à l'orientation du Séminaire de la Mission de France, et est en relation avec Jacques Loew et sa Mission de Marseille. Elle est sollicitée pour des conférences, voyages et conseils. Sa collaboration avec Mgr Veuillot aboutit à la publication de "Ville marxiste". D'une santé toujours fragile, affectée par la mort de ses parents en 1955, Madeleine doit souvent s'arrêter malgré son grand courage. Ses compagnes la trouvent sans vie à sa table de travail le 13 octobre 1964.

 

Son procès de béatification est en cours.

 

Membres de la fraternité

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